Plus de 50.000 personnes restées anonymes ont signé une pétition pour placer le Liban sous «mandat français» pour les dix prochaines années. Ils font ainsi référence au mandat en Syrie et Liban de 1920 sous la Société des Nations. Un expert interrogé par Le Figaro a analysé la faisabilité de cette demande au niveau juridique.
Mercredi 5 août, une pétition a été lancée à l’adresse d’Emmanuel Macron afin de remettre le Liban sous gouvernance française pour une période de dix ans. Deux jours plus tard, elle avait déjà récolté 50.000 signatures. La population libanaise a d’ailleurs multiplié les appels à l’aide à l’égard du Président de la République lors de sa visite à Beyrouth.
«Les autorités libanaises ont clairement montré une incapacité totale à sécuriser et gérer le pays. Avec un système défaillant, la corruption, le terrorisme et les milices, le pays vient de tirer son dernier souffle. Nous estimons que le Liban devrait être remis sous un mandat français afin de rétablir une gouvernance saine et durable», indique le texte de la pétition.
Le Liban, à l’instar de la Syrie, s’était déjà trouvé sous mandat français à partir de 1920 jusqu’à son indépendance en 1943. Cette forme de protectorat avait été mise en place par la Société des Nations. «Un mandat à proprement parler est évidemment très invraisemblable, la terminologie employée renvoie à une institution qui a pris fin avec la création de l’Onu en 1945», a commenté pour Le Figaro Yann Kerbat, professeur de droit international à la Sorbonne.
«L’État libanais est souverain et la charte de l’Onu n’envisage pas de tels cas de prise en main des affaires nationales par un autre», a-t-il affirmé. Il estime que le Conseil de sécurité n’interviendra que lorsque la situation est «très troublée», comme dernièrement au Kosovo qui avait été placé sous tutelle internationale.
Source: Info Media Christ