Une Église amendée pour avoir accueilli le chanteur chrétien Sean Feucht

Bien que le Réseau évangélique du Québec (REQ) se désolidarise des idées portées par le chanteur chrétien Sean Feucht, «dont le ministère est entaché par des allégations sérieuses et des controverses financières», ses responsables ont exprimé leur vive inquiétude le 27 juillet: «Par la force des choses, c’est notre communauté [évangélique] qui se retrouve associée à ce type d’événement, et c’est elle qui en subira les conséquences.» Deux jours avant, un concert de louange – interdit par la ville de Montréal – mené par le chanteur étatsunien controversé a eu lieu à l’église évangélique Ministerios Restauración. Elle a écopé d’une amende de 2500 dollars canadiens (environ 1500 euros/francs). Une manifestation pour protester contre le concert a eu lieu devant l’église, relève LaPresse.ca.

Une Église amendée pour avoir accueilli le chanteur chrétien Sean Feucht

Les autorités invoquent deux raisons à cette interdiction. D’une part, les causes qu’il promeut: pro-trump, Sean Feucht se positionne contre «l’idéologie du genre», l’avortement et se montre également hostile envers la communauté LGBT+. «Ce spectacle va à l’encontre des valeurs d’inclusion, de solidarité et de respect prônées à Montréal. La liberté d’expression est l’une de nos valeurs fondamentales, mais les propos haineux et discriminatoires sont inacceptables à Montréal», a déclaré le porte-parole de la mairie Philippe Massé, relayé par Le Devoir. L’Eglise n’avait pas de permis pour organiser l’événement et l’administration municipale l’a informée que celui-ci ne devrait pas avoir lieu.

«C’est une idée dérangeante qu’on cherche à faire disparaître»

Le REQ s’inquiète surtout d’un resserrement de la liberté religieuse dans la province: «Si la critique d’idées est légitime en démocratie, leur censure par l’Etat constitue une dérive grave», expriment ses responsables, qui disent observer «l’expulsion croissante des expressions religieuses de l’espace public, au nom de principes à géométrie variable, en contradiction avec l’esprit de la laïcité». Pour sa part,Le Journal du Québec dénonce: «Ici, ce n’est pas seulement un individu qu’on censure: c’est une idée dérangeante qu’on cherche à faire disparaître par décret municipal.»

Selon le quotidien, il n’a émis «aucun appel à la violence, aucun discours haineux tel que défini par le Code criminel. Juste des opinions. Inquiétantes, rétrogrades, toxiques, mais des opinions quand même.» «Le REQ appelle les autorités publiques à réaffirmer leur engagement envers l’Etat de droit et à protéger la liberté religieuse, même lorsqu’elle dérange. La liberté religieuse n’est pas une menace à notre démocratie, elle en est une condition», conclut quant à lui le Réseau évangélique du Québec.

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