Chine: Pour éviter une «seconde vague» of coronavirus, le déconfinement doit être progressif

La vie revient progressivement à la normale à Wuhan, après des mesures strictes de confinement pour assurer la distanciation sociale.

Pour éviter une «seconde vague» de contaminations par le nouveau coronavirus en Chine, le confinement doit être levé de façon progressive, ont averti des spécialistes de la modélisation des épidémies, ce jeudi, alors que l’activité a repris à Wuhan, épicentre de la pandémie.

La vie revient progressivement à la normale dans cette mégalopole du centre de la Chine, aux 11 millions d’habitants, après des mesures strictes de confinement pour assurer la distanciation sociale.

Des restrictions de déplacements efficaces

Alors que la province du Hubei, où se situe Wuhan, enregistrait des milliers de nouvelles contaminations chaque jour au pic de la maladie, cette dernière semble désormais sous contrôle en Chine, où seuls deux morts ont été recensés au cours des dernières 24 heures. Même si la pandémie, elle, tue toujours plus ailleurs, en particulier en Europe et aux Etats-Unis.

Les auteurs de l’étude, chercheurs à l’université de Hong Kong, ont analysé à l’aide de modèles mathématiques le nombre de cas confirmés dans quatre villes chinoises (Pékin, Shanghai, Shenzhen et Wenzhou) entre mi-janvier et fin février.

Ils concluent que la fermeture des entreprises et des écoles et la stricte restriction des voyages ont permis de réduire le taux de reproduction du virus (le nombre de nouvelles personnes infectées par chaque malade) à moins de 1, permettant une diminution progressive du nombre de cas, selon leur article dans la revue médicale britannique The Lancet.

C’est nettement moins que le taux de transmission au début de l’épidémie, estimé entre 2 et 3, un niveau suffisant pour permettre une diffusion exponentielle de la maladie.

Un équilibre entre reprise et restrictions

Mais selon les projections des auteurs, relâcher les mesures de contrôle de façon prématurée ferait remonter ce taux au-dessus de 1, faisant redémarrer l’épidémie, avec presque autant de nouvelles infections que lors de la première vague.

«Si ces mesures de contrôle semblent avoir permis de réduire le nombre d’infections à un niveau très faible, sans immunité de groupe contre le Covid-19, de nouveaux cas pourraient facilement ressurgir à mesure que les commerces, les usines et les écoles rouvrent, augmentant les interactions sociales, d’autant plus au vu du risque croissant d’importation de cas depuis l’étranger à mesure que le Covid-19 continue à se répandre dans le monde», explique Joseph Wu, l’un des auteurs principaux de l’étude.

La «meilleure stratégie» pour les pays touchés, jusqu’à ce qu’un vaccin soit disponible, consistera à trouver un point d’équilibre entre la reprise des activités économiques et le maintien de mesures de contrôle, pour garder le taux de reproduction du virus en dessous de 1, ajoute ce spécialiste reconnu des maladies infectieuses.

Des inégalités de mortalité entre les régions

Des passagers font la queue pour entrer dans la gare de Hankou à Wuhan, dans la province centrale du Hubei en Chine, le 8 avril 2020
Des passagers font la queue pour entrer dans la gare de Hankou à Wuhan, dans la province centrale du Hubei en Chine, le 8 avril 2020

Cette réflexion sur la façon de lever progressivement les mesures de confinement est actuellement en cours dans la plupart des pays européens. Les chercheurs mettent aussi en évidence une forte disparité des taux de létalité du Covid-19: moins de 1 % hors du Hubei, mais 5,91 % dans cette province la plus touchée, un différentiel qui s’explique par la saturation du système de soins dans la région, selon leur analyse.

Les inégalités de mortalité entre les différences provinces chinoises varient aussi en fonction du niveau de développement économique, avec des taux allant de 0 dans la prospère région du Jiangsu à 1,76 % dans une région plus pauvre comme le Henan.

«Même dans les mégalopoles les plus prospères comme Pékin et Shanghai, les ressources des systèmes de santé ne sont pas infinies, et les services ont du mal à faire face à une augmentation soudaine de la demande» de soins, souligne Gabriel Leung, un co-auteur.

 

Source: 20minutes
Laisser un commentaire